Tribune : Pétrole dans les outre-mer : « l’extractivisme n’a jamais constitué un instrument d’émancipation des peuples »

« Aurons-nous l’audace, dans les territoires d’outre-mer, d’inventer un avenir sans prédation fossile, pour préserver notre propre conception du vivant ? » demande le député de Martinique Marcellin Nadeau dans cette tribune, qui appelle à une représentativité politique plus juste.

Extrait :

La France aime se vanter de son territoire marin et sa biodiversité, dont respectivement 97 et 80 % découlent des territoires dits d’outre-mer. Sans doute serait-il donc possible d’envisager une augmentation du nombre de représentants au sein du Parlement en fonction de ces espaces marins et de cette biodiversité. On aurait par exemple des représentants de la forêt en Guyane, du volcan martiniquais, des coraux guadeloupéens et atolls polynésiens, des eaux réunionnaises, ainsi que des représentants des peuples premiers. Ainsi la question de l’exploitation pétrolière serait aussi discutée par la forêt, par les rivières et par les peuples autochtones.

La véritable question n’est donc pas de savoir si les peuples d’outre-mer ont le droit de choisir leur avenir. Bien sûr qu’ils l’ont.
Elle est de savoir si nous aurons l’audace d’inventer un avenir qui ne soit pas la copie retardée du modèle ayant conduit à la crise écologique actuelle.

La plus grande victoire du colonialisme serait de nous faire croire qu’être moderne signifie forcément dominer la Terre. La plus grande victoire de la décolonisation serait au contraire de démontrer qu’une autre manière de vivre, de produire et de décider est possible : une manière fondée sur la relation, la responsabilité, le respect du vivant et l’émancipation.


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Citations : “Le secteur de l’élevage est en crise et ce rapport ne se concentre pas sur les causes profondes, évoquant des demi-vérités et cherchant des boucs émissaires”